Veuillez trouver une version imprimable ici : Mardi 23 juin no. 98

Daniel Bourguet: Visite de Dieu

Seigneur, mon Dieu,
quel grand mystère que la souffrance
qui parvient à ne plus entendre le moindre mot de compassion
et qui finit par imposer silence
à ceux qui viennent porter du réconfort !

Mais aussi, Seigneur Dieu,
combien est plus profond encore le mystère de ta compassion
qui fait s’avancer les compatissants
jusqu’auprès des souffrants
et qui parviennent à glisser
dans le silence l’indicible de ta tendresse !

Béni sois-tu, Seigneur,
pour ta compassion qui sait nous visiter,
qui sait nous approcher,
jusqu’à effleurer nos plaies sans remuer la douleur !
Grâce à ta compassion,
la souffrance n’est plus aussi absurde.
Son mystère demeure,
mais tout enveloppé du réconfort de ta tendresse.

Béni sois-tu pour la douceur de ta compassion.
Seigneur, cela je me réjouis de pouvoir te le dire,
mais je ne puis le dire à ceux qui sont en proie à la souffrance
dès lors que la souffrance s’acharne
à leur voiler le mystère de ta compassion.

Mais, je t’en prie, Seigneur,
viens tout de même en silence les visiter
et déposer en leur cœur
ton baume de tendresse.

 

Charles Singer: Saisons de la vie

Tout comme les champs et les arbres
l’homme a ses saisons.
C’est le rythme de la vie,
mais il ne passe pas obligatoirement
de l’une à l’autre,
du jaillissement ébouriffé du printemps
aux brûlures de l’été,
des derniers flamboiements de l’automne
aux ternissements de l’hiver…
Il arrive que le rythme s’accélère
et tourne au carrefour fou.
Les saisons se mélangent,
il n’y a plus de saisons…
C’est un embrouillamini de sensations
et de couleurs,
c’est le toboggan des saisons
et on ne sait plus bien
où est le commencement et la fin de quoi.
C’est la cadence de la vie.
A chaque saison sa prière !

Charles Singer: S’accrocher

Il y a des moments
où nos pas dérapent,
où nos mains nues
lâchent prise sur la muraille.
            La prière est le piton
            planté dans le roc.

Il y a des moments
où notre bateau
s’affole dans les remous,
où nos filins cassent dans la tempête.

            La prière est l’amarre
            fixée dans le roc.

Il y a des moments
où l’esprit s’égare,
où le sens de l’orientation
divague sous les magnétismes.
            La prière est la boussole.
            Elle permet de reprendre le cap.

Prier
c’est s’accrocher à Dieu,
s’encorder avec lui