Les Archives d’Etat de Genève organisent jusqu’au 15 décembre 2017 une exposition intitulée «Côté chaire, côté rue» La Réforme à Genève 1517-1617.

Cette exposition veut montrer l’influence de la Réforme sur la vie quotidienne des Genevois.

On peut y voir notamment le premier registre de paroisse de Genthod, qui date de 1565, dont voici la photo:

(Référence A.E.G, E.C. Genthod 1, fol. 9)

En voici la transcription, telle qu’on peut la trouver sur le site des archives cantonales (http://ge.ch/archives/transcription-document-ch-aeg-ec-genthod-1-f-9)

On chante au sermon ces pseaumes: 1, 3, 15, 24, 42, 119 Aleph et Beth , 129, 130, 128 [sic] et quelquesfois les Comandemens. On partit chesque pseaume en deux pour l’entree et l’issue du sermon. On chante a la Cene le 23 tout du comencement et le Cantique de Symeon tout a la fin, asçavoir devant la derniere priere et action des graces . On ne dit jamais la Paraphrase de l’Oraison de Nostre Seigneur en la priere . Je ne chantois pas voluntiers au sermon quant il n’y avoit nul homme qui m’aydast, mais bien avec un homme quand il n’y eust point eu de femmes ou filles pour ayder. Il y en a qui sçavent les Pseaumes a demy ou a dire apres les autres, mais d’ordinaire il n’y a que Pierre Chapusi, Godma , La Janne de Me. Monet, La Defosses, et la fille de la Gervaise, et quant il y a des survenans de Geneve.

 

Ces mots sont ceux du ministre Charles Perrot, élu en 1564 pasteur des villages de Genthod, Moëns et Collex.

Dans son livre Histoire de Genthod et de son territoire, publié par la mairie de Genthod en 1943 (avec un complément de Jean-Claude Mayor en 1988), Guillaume Fatio écrit ceci :

«Le pasteur Perrot mentionne ici les psaumes qui se chantaient ; chaque psaume est divisé en deux, pour l’entrée et l’issue du culte, savoir : le premier psaume : «Heureux celui qui fuit des vicieux et le commerce et l’exemple odieux» ; le quinzième : «Eternel ! quel homme pourra habiter dans tes tabernacles » ; le quarante deuxième : «Comme un cerf altéré brame après le courant des eaux … » On chantait aussi quelques fois les commandements.»

Mais le chant laissait fort à désirer ; comme il n’y avait pas de chantre pour le conduire, c’était le pasteur qui devait le remplacer, ce que Perrot ne faisait pas volontiers lorsqu’il n’y avait ni homme ni femme pour l’aider.

Autrement, les paroissiens, à part quatre ou cinq, ne sachant les psaumes qu’à demi, le chant n’était tolérable que lorsqu’il y avait des personnes venant de Genève.» (pages 22-23).

 Un peu plus loin, Guillaume Fatio poursuit par ces lignes :

«En toutes choses, Perrot s’efforçait d’assouplir ces rudes natures, de les contenir, de leur enseigner la modération ; comme aussi, après le sermon, il n’endurait point qu’ils fissent grand bruit devant le cimetière, c’est-à-dire à la porte de l’église, et, comme c’est le moment que les paysans prennent pour deviser de leurs affaires, il tâchait au moins qu’ils le fissent modestement.» (page 23).

Jean-Pierre Abel

P.S.: Nous adressons nos sincères remerciements aux Archives d’Etat de Genève pour avoir autorisé la publication de la première partie de cet article.